La Conférence de Tanger de 1958 fut une réunion cruciale des dirigeants politiques nord-africains visant à forger un Maghreb unifié. Tenue du 27 au 30 avril 1958 à Tanger, au Maroc, la conférence a réuni des représentants du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie et de la Libye pour discuter de coopération économique, de solidarité politique et de la décolonisation de la région.
Les figures clés comprenaient le Premier ministre marocain M'barek Bekkay, le président tunisien Habib Bourguiba et les dirigeants du Front de libération nationale (FLN) algérien tels que Ferhat Abbas. La conférence a produit une série de résolutions appelant à la création d'une Assemblée consultative maghrébine et à la mise en place d'institutions communes pour coordonner les politiques de défense, d'affaires étrangères et de développement économique.
Cependant, le rêve d'un Maghreb uni s'est heurté à des obstacles insurmontables. La guerre d'indépendance algérienne (1954-1962) a créé des divisions profondes, la Tunisie et le Maroc soutenant le FLN tandis que la France s'opposait à toute unification qui renforcerait le mouvement indépendantiste. De plus, la monarchie libyenne sous le roi Idris Ier était prudente quant à l'intégration régionale, et les rivalités post-indépendance entre les dirigeants ont entravé les progrès.
Malgré l'échec de la conférence à réaliser une unité immédiate, elle a jeté les bases d'une future coopération régionale. L'Union du Maghreb arabe (UMA), créée en 1989, fut une tentative ultérieure de raviver la vision, bien qu'elle soit restée largement inactive en raison de tensions politiques, notamment sur le Sahara occidental. La Conférence de Tanger de 1958 reste un symbole des aspirations et des défis de l'unité nord-africaine.