La France recalibre son approche envers l'Afrique, en mettant l'accent sur le commerce, les investissements et le maintien de son « pré carré » traditionnel, alors que la concurrence de la Chine et de la Russie s'intensifie. Selon un rapport de 2025 du ministère français des Affaires étrangères, les échanges commerciaux de la France avec l'Afrique subsaharienne ont atteint 45 milliards d'euros en 2024, soit une augmentation de 12 % par rapport à 2023, tirés par les accords dans l'énergie et les infrastructures.
Cependant, l'influence française fait face à des défis. Une enquête de 2025 du réseau de recherche Afrobaromètre a révélé que seulement 35 % des répondants en Afrique de l'Ouest francophone considèrent l'influence de la France comme positive, contre 50 % en 2020. Parallèlement, les échanges commerciaux de la Chine avec l'Afrique ont atteint un record de 282 milliards de dollars en 2024, selon les données douanières chinoises, et la Russie a élargi ses liens militaires et diplomatiques dans la région du Sahel.
En réponse, la France a lancé de nouvelles initiatives, dont un fonds d'investissement de 1,5 milliard d'euros pour les start-ups africaines annoncé en mars 2026, et est passée des interventions militaires aux partenariats économiques. Le président Emmanuel Macron a déclaré dans un discours de février 2026 à Dakar que « l'avenir de la France est lié à l'essor de l'Afrique », mettant l'accent sur les projets d'énergies renouvelables et d'infrastructures numériques.
Malgré ces efforts, les analystes de l'Institut français des relations internationales (IFRI) notent que la part de marché de la France en Afrique est passée de 10 % en 2010 à 7 % en 2024, alors que les nations africaines diversifient leurs partenariats. L'issue de la stratégie française dépendra de sa capacité à offrir des avantages tangibles aux économies africaines.