Une nouvelle recherche génomique détaille l'histoire évolutive des calmars, expliquant comment ils ont survécu à la plus grande extinction de masse de la Terre. Une étude publiée dans la revue Nature Ecology & Evolution par des chercheurs de l'Institut des sciences et technologies d'Okinawa (OIST) a analysé de vastes ensembles de données génomiques, incluant trois nouveaux génomes de calmars séquencés. Les travaux révèlent un schéma évolutif à "longue mèche", où la lignée a survécu à l'extinction Permien-Trias il y a environ 252 millions d'années, mais ne s'est diversifiée rapidement que bien plus tard.
L'extinction Permien-Trias, qui a éliminé environ 90 % des espèces marines, a été un événement charnière. La recherche indique que les espèces ancestrales de calmars ont persisté à travers cette catastrophe. La diversification subséquente en de nombreuses espèces modernes s'est produite sur une période prolongée, avec une augmentation significative de la richesse des espèces bien plus tard dans leur chronologie évolutive, plutôt qu'une explosion immédiate après l'événement d'extinction.
Les résultats de l'étude offrent une image plus claire de l'évolution et de la résilience marines. En combinant les registres fossiles avec une analyse génomique de pointe, les scientifiques ont cartographié un arbre phylogénétique plus précis pour les céphalopodes coléoïdes, qui incluent les calmars, les seiches et les pieuvres. Cette recherche souligne comment certaines lignées peuvent endurer des catastrophes mondiales grâce à une robustesse biologique inhérente, préparant le terrain pour une future diversification lorsque les conditions environnementales redeviennent favorables.