L'Irak se trouve dans une position précaire alors que les États-Unis et l'Iran s'engagent dans des négociations diplomatiques sur le programme nucléaire iranien. Depuis des années, le gouvernement irakien a toléré — et parfois renforcé — des factions armées soutenues par l'Iran opérant sur son territoire, une dynamique qui complique désormais la capacité de Bagdad à tracer une voie indépendante.
Les milices alignées sur l'Iran, opérant sous l'égide des Forces de mobilisation populaire (FMP), ont longtemps utilisé le sol irakien comme base pour des opérations régionales. Durant le conflit à Gaza en 2023-2024, ces groupes ont lancé de nombreuses attaques de drones et de roquettes contre des positions militaires américaines en Irak et en Syrie, provoquant des frappes de représailles américaines sur le territoire irakien.
Le gouvernement irakien, dirigé par le Premier ministre Mohammed Shia' al-Sudani, a appelé à plusieurs reprises au retrait des forces de la coalition dirigée par les États-Unis, tout en luttant pour contrôler des factions miliciennes qui opèrent avec une grande autonomie. La double dépendance de Bagdad envers Téhéran et Washington lui laisse peu de marge de manœuvre alors que les deux puissances négocient directement.
Les analystes avertissent que tout accord américano-iranien — ou rupture des négociations — pourrait remodeler le calcul opérationnel des groupes soutenus par l'Iran en Irak. Un accord réussi pourrait réduire l'activité des milices, tandis qu'un échec pourrait déclencher une nouvelle escalade sur le sol irakien, mettant davantage en péril les infrastructures civiles et la souveraineté irakienne.