L'al-Âla, la musique andalouse classique du Maroc, connaît un regain notable. Les concerts, privés et publics, se sont multipliés, et les festivals régionaux et nationaux sont désormais bien établis dans le calendrier culturel. Ce renouveau est porté par de nombreuses associations dédiées à la préservation et à la promotion de cet art séculaire.
Le terme « al-Âla » désigne le répertoire de musique classique originaire de l'Andalousie médiévale (actuelle Espagne) et apporté au Maroc par les réfugiés musulmans et juifs après la Reconquista. Il se caractérise par son système modal complexe, des textes poétiques en arabe classique et une orchestration comprenant des instruments comme le oud, le rebab et le violon.
Au Maroc, l'al-Âla est particulièrement associée aux villes de Fès, Meknès, Tétouan et Chefchaouen, où des styles régionaux distincts se sont développés. Le gouvernement marocain a reconnu l'importance de ce patrimoine et, en 2023, le ministère de la Culture a lancé un programme de soutien à l'enseignement et à la transmission de l'al-Âla, notamment la création d'un institut national de musique andalouse.
Ce renouveau est également soutenu par une reconnaissance internationale. En 2022, l'UNESCO a inscrit « Al-Aita, un art populaire » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité, bien que l'al-Âla elle-même ne soit pas encore inscrite. Cependant, des efforts sont en cours pour proposer l'al-Âla à la reconnaissance de l'UNESCO, reflétant son importance culturelle.
Malgré les défis de la modernisation et l'évolution des goûts musicaux, la tradition de l'al-Âla continue de prospérer grâce au dévouement des musiciens, des enseignants et des associations culturelles. L'attrait durable de ce genre réside dans sa capacité à relier les publics contemporains à un riche héritage historique, garantissant que cet héritage andalou reste vivant pour les générations futures.