Un cimetière de chasseurs-cueilleurs anciens près du lac Baïkal, dans le sud-est de la Sibérie, a longtemps intrigué les archéologues en raison d'un nombre inhabituellement élevé de sépultures d'enfants et d'adolescents. Aujourd'hui, l'analyse ADN des dents de 46 individus enterrés sur ce site et dans des sites voisins a révélé les plus anciennes épidémies de peste connues, datant d'environ 7 000 ans.
Les chercheurs ont extrait l'ADN des dents, qui préservent bien le matériel génétique, et ont identifié la bactérie Yersinia pestis, responsable de la peste, chez plusieurs individus. Les résultats, publiés dans une étude récente, suggèrent que la peste était présente en Sibérie préhistorique bien plus tôt qu'on ne le pensait, contribuant potentiellement à la forte mortalité chez les jeunes individus.
L'étude, dirigée par des scientifiques de l'Université de Copenhague et d'autres institutions, a analysé des restes provenant des cimetières de Lokomotiv et d'autres dans la région. Les preuves ADN indiquent que ces souches anciennes de Y. pestis étaient moins virulentes que les souches ultérieures, mais toujours capables de provoquer des épidémies importantes dans des communautés de chasseurs-cueilleurs très unies.
Cette découverte remet en question les hypothèses antérieures selon lesquelles la peste n'est devenue une menace humaine majeure qu'à l'époque historique, comme la peste de Justinien ou la peste noire. Au lieu de cela, elle montre que la peste a été un défi récurrent pour les populations humaines pendant des millénaires, même dans des régions reculées de Sibérie.
La recherche met en évidence la puissance de l'analyse ADN ancienne pour résoudre des mystères archéologiques et fournit de nouvelles perspectives sur la longue histoire des maladies infectieuses dans les sociétés humaines.