Le lien traumatique, un terme popularisé par le psychologue Patrick Carnes, désigne l'attachement émotionnel puissant qui peut se développer entre une victime et son agresseur dans un schéma cyclique d'abus et de renforcement positif. Ce lien n'est pas une connexion mutuelle mais une stratégie de survie inadaptée, où des récompenses intermittentes—comme des excuses, de l'affection ou des promesses de changement—suivent des périodes de mauvais traitements, renforçant la dépendance de la victime.
Fréquent dans les relations amoureuses abusives, les sectes, les situations de prise d'otage et les milieux de travail exploitants, cette dynamique crée un état de dissonance cognitive. Les victimes peuvent minimiser les préjudices, s'auto-accuser et défendre leur agresseur, ce qui rend la rupture extrêmement difficile. Le lien est renforcé par des périodes de danger perçu ou d'isolement, qui augmentent la dépendance de la victime envers l'agresseur pour sa sécurité ou sa validation.
Les experts soulignent que rompre un lien traumatique nécessite de reconnaître le cycle, de chercher un soutien extérieur et souvent une intervention thérapeutique professionnelle. Comprendre ce mécanisme psychologique est crucial pour soutenir les survivants, car l'intensité du lien est fréquemment confondue avec un amour ou une loyauté authentique, compliquant la fuite et le rétablissement.