La Tunisie envisage de plus en plus l'énergie nucléaire comme solution potentielle à son déficit énergétique croissant. Le pays, qui importe la majeure partie de son énergie, a vu la demande d'électricité augmenter et les coupures de courant se multiplier. Selon le ministère tunisien de l'Industrie et de l'Énergie, une étude de faisabilité pour une centrale nucléaire a été lancée en 2024, avec des résultats préliminaires attendus fin 2026.
Le projet fait toutefois face à des défis importants. Les experts techniques soulignent la nécessité d'un cadre réglementaire solide, d'investissements substantiels (estimés à plusieurs milliards de dollars) et d'une acceptation publique. La Tunisie dispose d'un petit réacteur de recherche nucléaire au Centre national des sciences et technologies nucléaires (CNSTN) à Sidi Thabet, mais pas de centrales nucléaires commerciales.
Des partenaires internationaux, dont la France et la Russie, ont exprimé leur intérêt à soutenir les ambitions nucléaires de la Tunisie. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a fourni une assistance technique pour le développement des infrastructures. Cependant, aucun calendrier ni financement concret n'a été obtenu pour une centrale à grande échelle.
Des groupes environnementaux ont soulevé des préoccupations concernant la sécurité, la gestion des déchets et le coût élevé du nucléaire par rapport aux alternatives renouvelables comme le solaire et l'éolien. La Tunisie dispose d'abondantes ressources solaires et a investi dans des parcs solaires, mais ceux-ci n'ont pas suivi la demande.
En mai 2026, le gouvernement tunisien n'a pas pris de décision finale sur le nucléaire. Le débat reste ouvert, les partisans plaidant pour l'indépendance énergétique et les critiques pointant les risques économiques et environnementaux.