À Bamako, la médecine traditionnelle continue de jouer un rôle important dans les soins de santé, en particulier pour les résidents cherchant des traitements abordables. Selon un rapport de 2023 de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), jusqu'à 80 % de la population africaine dépend de la médecine traditionnelle pour les soins primaires. Au Mali, cette pratique est profondément enracinée, les guérisseurs locaux utilisant une variété de plantes de la flore diversifiée de la région.
Les traitements courants incluent des décoctions à base de feuilles, d'écorces et de racines pour traiter des affections telles que le paludisme, les problèmes digestifs et les infections respiratoires. Par exemple, Artemisia annua, une plante utilisée dans la médecine traditionnelle malienne, a été étudiée pour ses propriétés antipaludiques. Une étude de 2024 publiée dans le Journal of Ethnopharmacology a confirmé que certaines préparations locales montrent une efficacité contre les parasites du paludisme, bien que les chercheurs recommandent des dosages standardisés.
Les facteurs économiques stimulent la popularité de ces remèdes. Une enquête de 2025 du ministère malien de la Santé a révélé que 65 % des répondants dans les quartiers informels de Bamako utilisent la médecine traditionnelle parce qu'elle est moins chère que les médicaments conventionnels. Une consultation typique avec un guérisseur traditionnel coûte entre 500 et 2 000 francs CFA (environ 0,80 à 3,20 dollars), contre 5 000 francs CFA ou plus pour une visite chez un médecin.
Cependant, des défis subsistent. L'OMS note que le manque de réglementation et de contrôle de qualité peut entraîner une puissance incohérente ou une contamination. En 2024, le gouvernement malien a lancé un programme pilote pour enregistrer les guérisseurs traditionnels et tester leurs remèdes, visant à intégrer des pratiques sûres dans le système de santé national. Le programme couvre 200 guérisseurs à Bamako et dans les régions environnantes.
Malgré ces efforts, la médecine traditionnelle reste un filet de sécurité vital. Comme l'a déclaré un guérisseur local, Amadou Diallo, au Le Monde en 2025 : « Notre savoir se transmet de génération en génération. Nous traitons la personne entière, pas seulement la maladie. » Cette approche holistique, combinée à l'abordabilité, garantit que la médecine traditionnelle restera probablement un pilier des soins de santé à Bamako pour les années à venir.