Le gouvernement suédois a décidé de ne pas adopter officiellement le terme « islamophobie » dans les documents politiques, arguant qu'il pourrait entrer en conflit avec les fortes protections de la liberté d'expression du pays. Cette décision, rapportée le 12 mai 2026, fait suite à un examen du ministère suédois de la Culture qui a jugé le terme trop vague et potentiellement limitant pour le débat public.
La ministre de la Culture, Parisa Liljestrand, a déclaré que le gouvernement condamne toutes les formes de discrimination et de haine contre les musulmans, mais que le terme « islamophobie » n'est pas défini juridiquement dans la loi suédoise. Les lois existantes contre les discours de haine et la discrimination ethnique continueront donc de s'appliquer. Cette décision a suscité des débats parmi les groupes de défense des droits humains et les organisations musulmanes.
Les critiques soutiennent que le rejet du terme minimise la gravité du sentiment anti-musulman en Suède. Un rapport de 2025 du Conseil national suédois pour la prévention de la criminalité (Brå) a enregistré 310 crimes de haine à motivation anti-musulmane, soit une légère augmentation par rapport à l'année précédente. Cependant, le gouvernement maintient que la liberté d'expression reste une pierre angulaire de la démocratie suédoise.
Les partisans de la décision, y compris les défenseurs de la liberté d'expression, avertissent que la reconnaissance officielle de l'« islamophobie » pourrait conduire à la censure des critiques légitimes de la religion. Le gouvernement suédois a souligné qu'il continuera à lutter contre la discrimination par le biais des cadres juridiques existants sans adopter une nouvelle terminologie qui pourrait refroidir le discours public.