La Cour suprême des États-Unis a jugé jeudi, par 7 voix contre 2, que Monsanto ne peut être tenu responsable en vertu des lois des États pour ne pas avoir averti les consommateurs des risques présumés de cancer de son désherbant Roundup sur son étiquette. La décision dans l'affaire Monsanto Co. c. D... a annulé un verdict de 25 millions de dollars en faveur d'Edwin Hardeman, un Californien qui a développé un lymphome non hodgkinien après avoir utilisé le Roundup pendant des décennies.
Le juge Samuel Alito a rédigé l'avis majoritaire, rejoint par le juge en chef John Roberts et les juges Clarence Thomas, Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh, Amy Coney Barrett et Ketanji Brown Jackson. Les juges Sonia Sotomayor et Elena Kagan ont exprimé leur dissidence. La Cour a estimé que la loi fédérale préempte les réclamations des États pour défaut d'avertissement, car l'Agence de protection de l'environnement (EPA) avait approuvé l'étiquette du Roundup comme adéquate.
L'affaire portait sur la question de savoir si la loi fédérale sur les insecticides, fongicides et rodenticides (FIFRA) interdit les actions en responsabilité délictuelle des États qui imposeraient des exigences d'avertissement supplémentaires au-delà de celles approuvées par l'EPA. La majorité a estimé que les dispositions d'étiquetage de la FIFRA préemptent ces réclamations des États, car l'EPA avait déterminé que l'étiquette existante était suffisante.
Bayer, qui a acquis Monsanto en 2018, a fait face à des milliers de poursuites concernant le lien présumé entre le Roundup et le cancer. La société a maintenu que le Roundup est sûr et que son étiquette est conforme aux réglementations fédérales. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé le glyphosate, l'ingrédient actif du Roundup, comme « probablement cancérogène pour l'homme » en 2015, mais d'autres agences de réglementation, dont l'EPA, n'ont trouvé aucun lien de ce type.
Cette décision est une victoire significative pour Bayer, qui avait mis de côté des milliards pour régler les poursuites liées au Roundup. La décision n'affecte pas les affaires en cours, mais établit un précédent qui pourrait limiter les futures réclamations des États contre les fabricants de pesticides.