Mahjoub Salek, figure sahraouie et commentateur reconnu, a déclaré dans un récent entretien que le Maroc n'encourage pas véritablement les réfugiés sahraouis vivant dans les camps de Tindouf, en Algérie, à retourner au Sahara occidental. Ces propos, issus d'une série d'interviews, mettent en lumière les tensions persistantes autour du conflit territorial qui dure depuis des décennies.
Le différend sur le Sahara occidental reste l'un des conflits territoriaux les plus anciens d'Afrique. Le Maroc contrôle environ 80 % du territoire et le considère comme faisant partie de sa souveraineté, dans le cadre d'un plan d'autonomie proposé depuis 2007. Le Front Polisario, soutenu par l'Algérie, revendique un État indépendant pour le peuple sahraoui et administre des camps de réfugiés près de Tindouf, où entre 100 000 et 170 000 Sahraouis vivent depuis des décennies.
Les propos de Salek reflètent un débat plus large sur les conditions dans lesquelles les réfugiés sahraouis pourraient rentrer. Les critiques de la position marocaine soutiennent que sans garanties crédibles concernant les droits politiques, la liberté d'expression et l'autodétermination, un retour significatif reste peu probable. Des organisations de défense des droits humains ont documenté des restrictions à la dissidence politique dans le Sahara occidental administré par le Maroc.
Les Nations Unies continuent de superviser la MINURSO, sa mission au Sahara occidental, initialement mandatée pour organiser un référendum d'autodétermination — un vote qui n'a jamais eu lieu. Les négociations menées par l'ONU entre le Maroc et le Front Polisario ont été bloquées à plusieurs reprises, sans résolution en vue au début de l'année 2026.