Les autorités françaises et les services de l'Assurance Maladie enquêtent sur un vaste système de fraude ciblant le secteur du transport sanitaire, dans lequel des opérateurs auraient surfacturé des prestations ou facturé des transports jamais effectués, détournant ainsi des millions d'euros de fonds publics.
Selon des sources judiciaires et des organismes de sécurité sociale, les fonds issus de ces fraudes auraient été blanchis via des investissements immobiliers au Maroc, un schéma que les enquêteurs disent avoir observé dans plusieurs affaires impliquant des réseaux organisés à dimension transfrontalière. L'Assurance Maladie identifie le transport sanitaire comme l'un des secteurs les plus exposés à la fraude dans le système de remboursement français.
Les autorités françaises, notamment la DNLF (Délégation Nationale à la Lutte contre la Fraude) et les cellules anti-fraude des caisses d'assurance maladie, ont renforcé leurs contrôles sur les transporteurs sanitaires ces dernières années. Parmi les pratiques frauduleuses recensées figurent les trajets fictifs, les fausses signatures de patients et le recours à des sociétés écrans pour multiplier les demandes de remboursement.
Le coût total de la fraude à l'assurance maladie en France est estimé par les organismes officiels à plusieurs milliards d'euros par an, le transport représentant une part disproportionnée. Les personnes mises en cause s'exposent à des poursuites pour fraude organisée, blanchiment d'argent et détournement de fonds publics, passibles de jusqu'à dix ans d'emprisonnement et de lourdes sanctions financières.