Le Pakistan a convoqué lundi le chargé d'affaires du régime taliban afghan et a adressé une forte démarche après l'attaque suicide meurtrière contre un poste de police dans le district de Bannu, dans la province de Khyber-Pakhtunkhwa, avertissant qu'Islamabad se réservait le droit de répondre. L'attaque, survenue le 11 mai 2026, a tué au moins 10 policiers et blessé plusieurs autres, selon des responsables locaux.
Le ministère des Affaires étrangères à Islamabad a confirmé la réunion, déclarant que le Pakistan avait exprimé sa vive inquiétude quant à l'utilisation du sol afghan par des groupes terroristes pour lancer des attaques contre le Pakistan. La démarche exigeait que le gouvernement intérimaire afghan prenne des mesures immédiates et vérifiables contre les auteurs et empêche de futures attaques transfrontalières.
Aucun groupe n'a revendiqué la responsabilité de l'attaque, mais les responsables pakistanais soupçonnent l'implication du Tehrik-i-Taliban Pakistan (TTP), qui a intensifié ses attaques ces derniers mois. Les talibans afghans ont nié héberger des combattants du TTP, mais les tensions entre les deux voisins ont fortement augmenté.
L'attaque de Bannu est le dernier d'une série d'incidents qui ont tendu les relations entre Islamabad et Kaboul. Le Pakistan a appelé à plusieurs reprises les talibans afghans à respecter leurs engagements en vertu de l'accord de Doha pour empêcher les groupes terroristes d'opérer sur le sol afghan.