La Nouvelle-Zélande est confrontée à la réalité complexe du repli stratégique (« managed retreat ») alors que le changement climatique accélère l'érosion côtière et la montée du niveau de la mer. Un rapport de 2020 du ministère de l'Environnement estimait qu'au moins 10 000 habitations côtières sont menacées, avec des coûts d'infrastructure se chiffrant en milliards de dollars. Le gouvernement a mis en place une loi sur l'adaptation au climat pour encadrer juridiquement ce repli, un processus lourd de défis financiers et socio-culturels.
Des collectivités locales, comme à South Dunedin ou sur la côte de Kapiti, élaborent déjà des plans qui pourraient inclure l'abandon de certaines zones. Le fardeau financier est colossal, comprenant des rachats de propriétés, le déplacement d'infrastructures et de nouvelles règles d'urbanisme. Pour de nombreux résidents, le coût émotionnel et spirituel de quitter des maisons familiales de génération en génération et des sites culturellement significatifs, en particulier pour les communautés Māori (iwi et hapū), est profond.
Le débat national reconnaît de plus en plus que toutes les terres côtières ne pourront être sauvées. Les experts soulignent que retarder les décisions ne fait qu'accroître les coûts et les risques futurs. Cette situation illustre un défi mondial d'adaptation climatique, faisant de la Nouvelle-Zélande une étude de cas sur les dimensions pratiques et éthiques du retrait du littoral.