Le Maroc est de plus en plus reconnu comme un acteur stratégique dans les chaînes d'approvisionnement mondiales, son rôle évoluant d'un simple corridor de transit à un hub de fabrication et de logistique à part entière. La proximité géographique du pays avec l'Europe, combinée à sa stabilité politique et à ses coûts de main-d'œuvre compétitifs, a attiré d'importants investissements étrangers, en particulier dans les secteurs de l'automobile, de l'aérospatiale et des énergies renouvelables.
Selon l'Indice de performance logistique (LPI) 2023 de la Banque mondiale, le Maroc s'est classé 77e mondial, montrant des améliorations dans les infrastructures et l'efficacité douanière. Le pays a également signé de nombreux accords de libre-échange, notamment avec l'Union européenne, les États-Unis et plusieurs nations africaines, facilitant les flux commerciaux.
Les développements récents, tels que l'expansion du port de Tanger Med—l'un des plus grands d'Afrique—et le développement de zones industrielles comme Atlantic Free Zone, soulignent l'ambition du Maroc de devenir une plateforme clé pour les chaînes de valeur mondiales. L'industrie automobile du pays, menée par Renault et Stellantis, produit désormais plus de 700 000 véhicules par an, avec un taux d'intégration locale élevé.
Cependant, des défis subsistent, notamment la pénurie d'eau, les coûts de l'énergie et la nécessité d'une amélioration des compétences de la main-d'œuvre. Les experts suggèrent que le succès du Maroc dépendra de sa capacité à diversifier sa base industrielle et à améliorer ses infrastructures numériques pour concurrencer d'autres hubs de fabrication émergents en Asie et en Europe de l'Est.