Le Maroc est confronté à des défis majeurs pour atteindre ses objectifs de protection sociale à long terme en raison de la faible participation des femmes au marché du travail, de la persistance de l'emploi informel et du vieillissement de la population, selon des rapports récents. L'Organisation internationale du travail (OIT) et les statistiques nationales indiquent que la participation des femmes au marché du travail reste parmi les plus faibles de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, à environ 22 % en 2025, contre plus de 70 % pour les hommes.
L'emploi informel représente environ 60 % de l'emploi total au Maroc, excluant de nombreux travailleurs de la couverture de sécurité sociale telle que les retraites, l'assurance maladie et les allocations familiales. Cette informalité est particulièrement élevée dans l'agriculture, la construction et les services, et touche de manière disproportionnée les femmes et les jeunes.
Le vieillissement rapide de la population ajoute une pression supplémentaire. La part des Marocains âgés de 60 ans et plus devrait passer de 12 % en 2020 à plus de 20 % d'ici 2050, augmentant la demande de retraites et de soins de santé. Le système actuel de protection sociale, qui repose fortement sur les cotisations de l'emploi formel, est mal équipé pour couvrir le nombre croissant de personnes âgées sans épargne ou couverture adéquate.
Des réformes sont en cours, notamment l'extension de l'assurance maladie aux travailleurs informels et l'introduction d'un système de retraite universel, mais la mise en œuvre reste lente. La Banque mondiale a averti que sans s'attaquer à l'écart entre les sexes dans l'emploi et réduire l'informalité, les objectifs de protection sociale du Maroc seront difficiles à maintenir.