Le Maroc a intensifié sa répression contre le journalisme indépendant ces dernières années, plusieurs reporters de renom faisant face à de longues peines de prison pour des accusations largement condamnées par les organisations de défense de la liberté de la presse comme étant politiquement motivées. Les journalistes qui couvrent des sujets sensibles — notamment le conflit au Sahara occidental, la corruption et la famille royale — ont été poursuivis en vertu de lois vaguement formulées sur la sécurité nationale, l'outrage aux institutions de l'État et les mœurs.
Parmi les cas les plus médiatisés figure celui d'Omar Radi, journaliste d'investigation condamné en 2021 pour espionnage et viol — accusations qu'il nie avec ses partisans. Il a été condamné à six ans de prison. Reporters sans frontières (RSF) et Amnesty International ont à plusieurs reprises réclamé sa libération, le qualifiant de prisonnier de conscience. De même, Soulaiman Raissouni, journaliste et rédacteur en chef, a été condamné à cinq ans de prison en 2021 à l'issue d'un procès critiqué pour ses irrégularités de procédure.
Le Maroc se classe régulièrement en bas des indices mondiaux de liberté de la presse. Dans l'Indice mondial de la liberté de la presse 2025 de RSF, le Maroc figurait dans le bas du classement, reflétant les préoccupations persistantes concernant le harcèlement judiciaire, la surveillance des journalistes et l'autocensure alimentée par la crainte de poursuites. Le scandale du logiciel espion Pegasus, révélé en 2021, a mis en lumière l'utilisation présumée par les autorités marocaines de l'outil de surveillance du groupe NSO pour surveiller journalistes et militants — des allégations démenties par le Maroc.
Les médias numériques indépendants ont subi des pressions particulières, les autorités utilisant des enquêtes financières et des boycotts publicitaires pour fragiliser leurs activités. Les critiques soutiennent que le cadre juridique marocain — notamment les dispositions du code pénal et du code de la presse — donne aux procureurs une grande latitude pour réduire au silence les voix dissidentes sous couvert de protection de l'ordre public ou de l'intégrité nationale. Les défenseurs de la liberté de la presse continuent d'exhorter les autorités marocaines à libérer les journalistes emprisonnés et à réformer les lois qui criminalisent le journalisme légitime.