Un tribunal de la Haute Cour du Zimbabwe a condamné trois membres de la Coalition des citoyens pour le changement (CCC) à 22 ans et neuf mois de prison chacun pour le meurtre d'un homme lors d'un violent affrontement politique avec des partisans du ZANU-PF dans le quartier de Mbare, à Harare. La juge Esther Muremba a prononcé ces peines après avoir reconnu les trois hommes coupables du meurtre, survenu dans un contexte de fortes tensions politiques entre les deux partis rivaux.
Le tribunal a entendu que l'incident mortel s'est produit lors d'une confrontation entre des partisans du CCC et du ZANU-PF à Mbare, un quartier populaire de Harare qui a historiquement été un point de tension pour la violence politique au Zimbabwe. La victime a été tuée au cours de la bagarre, et les trois hommes condamnés ont été identifiés comme des participants directs à l'attaque ayant entraîné sa mort.
La juge Muremba, en prononçant la sentence, a condamné le recours à la violence politique et a souligné que les tribunaux ne toléreraient pas les meurtres à motivation politique. La juge a noté le caractère prémédité de l'agression et la nécessité de dissuader de futurs actes de violence politique, qui ont longtemps frappé le paysage électoral zimbabwéen.
Le Zimbabwe a une longue histoire de violence à motivation politique, les affrontements entre le ZANU-PF, le parti au pouvoir depuis l'indépendance, et les mouvements d'opposition étant une caractéristique récurrente de l'environnement politique. Les organisations de défense des droits de l'homme ont à plusieurs reprises appelé les autorités à poursuivre les auteurs de violences politiques, quelle que soit leur appartenance partisane. Cette condamnation a été saluée comme un exemple significatif, bien que rare, de la justice tenant des membres d'un parti d'opposition responsables de tels crimes.