Le Recensement général de la population et de l'habitat (RGPH 2024), mené par le Haut-Commissariat au Plan (HCP), a montré que la population du Maroc a atteint environ 37,4 millions d'habitants en septembre 2024, contre 33,8 millions en 2014. Le recensement a mis en évidence des changements démographiques majeurs, notamment l'expansion rapide des périphéries urbaines et la stagnation de certains centres-villes historiques.
Les analystes soulignent un décalage croissant entre ces évolutions démographiques et les limites actuelles des circonscriptions électorales, qui ont été révisées pour la dernière fois avant les élections de 2021. Ce décalage soulève des inquiétudes quant à une représentation équitable, certaines zones suburbaines en croissance rapide étant potentiellement sous-représentées au Parlement par rapport aux centres urbains à croissance plus lente ou en déclin.
Selon le HCP, la population urbaine représente désormais environ 62,8 % du total, contre 60,4 % en 2014. Les régions comme Casablanca-Settat et Rabat-Salé-Kénitra ont connu une croissance suburbaine notable, tandis que les zones rurales ont continué à perdre de la population. Les circonscriptions électorales, cependant, n'ont pas été ajustées pour refléter ces changements, ce qui pourrait fausser le poids de chaque vote.
Des partis politiques et des organisations de la société civile ont appelé à un redécoupage des circonscriptions électorales pour s'aligner sur les nouvelles données du recensement, arguant que le système actuel sape les principes démocratiques. Le gouvernement n'a pas encore annoncé de calendrier pour la révision de la carte électorale, mais la question devrait être débattue avant les prochaines élections législatives.