La céramique marocaine, un artisanat séculaire, se transforme : de symbole de résistance culturelle, elle devient un acteur compétitif sur le marché mondial. Selon un rapport de 2025 du ministère marocain de l'Industrie et du Commerce, le secteur emploie plus de 100 000 artisans et contribue à environ 2 % du PIB du pays. Cette évolution est portée par des investissements dans des fours modernes, des outils de conception numérique et des programmes de formation qui allient techniques traditionnelles et esthétique contemporaine.
Parmi les initiatives clés figure la stratégie « Céramique Maroc 2030 », lancée en 2024, qui vise à augmenter les exportations de 30 % d'ici 2030. En 2025, les exportations de céramique marocaine ont atteint 450 millions de dollars, contre 320 millions en 2020, avec des marchés majeurs en Europe, au Moyen-Orient et en Amérique du Nord. La stratégie met l'accent sur la certification de qualité, la production durable et le branding sous le label « Made in Morocco ».
Les artisans de Fès et de Safi, pôles traditionnels, adoptent de nouvelles méthodes tout en préservant le patrimoine. Par exemple, l'École de Céramique de Fès, créée en 2023, a formé plus de 500 étudiants à la fois aux techniques de glaçure traditionnelle et à la modélisation 3D moderne. Cette double approche a entraîné une augmentation de 15 % des ventes de produits céramiques haut de gamme en 2025, selon l'Association marocaine des industries céramiques.
Des défis subsistent, notamment la concurrence des céramiques chinoises et italiennes, et la nécessité d'un meilleur accès au financement pour les petits ateliers. Cependant, la résilience et l'adaptation du secteur sont considérées comme un modèle pour d'autres industries traditionnelles en Afrique du Nord. Le gouvernement marocain a alloué 20 millions de dollars de subventions aux artisans céramistes pour moderniser leurs équipements et accéder aux foires commerciales internationales.