La région du Maghreb—comprenant le Maroc, l'Algérie, la Tunisie, la Libye et la Mauritanie—continue de faire face à de profondes divisions politiques qui entravent l'action collective. En mi-2026, la principale organisation intergouvernementale de la région, l'Union du Maghreb arabe (UMA), reste largement inactive, aucun sommet n'ayant eu lieu depuis 1994. Le différend persistant sur le Sahara occidental entre le Maroc et l'Algérie demeure un obstacle majeur à l'intégration régionale.
Les développements récents ont souligné ces divisions. En 2025, l'Algérie et le Maroc ont continué à échanger des accusations sur des questions régionales, notamment le conflit du Sahara occidental et des ingérences présumées dans les affaires internes. La frontière entre les deux pays est fermée depuis 1994, et les relations diplomatiques ont été rompues en août 2021. Ces tensions ont empêché tout progrès significatif en matière de coopération économique ou d'initiatives de sécurité communes.
L'impact de cette fragmentation est évident dans les performances économiques de la région. Le commerce intra-maghrébin représente moins de 5 % du commerce total de la région, l'un des taux les plus bas au monde. Ce manque d'intégration a entravé le développement économique et la création d'emplois, en particulier parmi les jeunes de la région. Selon la Banque mondiale, la croissance du PIB du Maghreb a atteint en moyenne environ 3 % ces dernières années, en dessous du potentiel si la coopération régionale était plus forte.
L'instabilité politique en Libye et en Tunisie complique encore le tableau. La Libye reste divisée entre des gouvernements rivaux, tandis que la Tunisie a connu des crises politiques depuis 2021. Ces défis internes ont détourné l'attention de la coopération régionale et permis à des puissances extérieures d'accroître leur influence dans la région.
Les analystes estiment que sans une résolution du différend sur le Sahara occidental et un engagement renouvelé envers l'UMA, le Maghreb continuera de prendre du retard par rapport à d'autres blocs régionaux. Le manque d'unité affaiblit également la position de négociation de la région sur des questions telles que la migration, la sécurité et le commerce avec l'Union européenne.