Une nouvelle étude de l'Institut Karolinska, publiée le 4 mai 2026 dans le journal JAMA Oncology, montre que de faibles doses d'endoxifène, un médicament expérimental, réduisent la densité mammaire dans la même mesure que le traitement standard tamoxifène, mais sans provoquer les mêmes effets secondaires gênants. L'endoxifène est le métabolite actif du tamoxifène, c'est-à-dire le composé dans lequel le tamoxifène est converti dans l'organisme pour exercer son effet.
L'étude, dirigée par le chercheur Per Hall, a impliqué 240 femmes présentant un risque accru de cancer du sein. Les participantes ont été réparties aléatoirement pour recevoir soit de l'endoxifène à faible dose (2 mg par jour), soit du tamoxifène à dose standard (20 mg par jour) pendant six mois. Le critère principal était le changement de densité mammaire mammographique, un facteur de risque connu pour le cancer du sein. Les résultats ont montré que les deux traitements réduisaient la densité mammaire d'environ 10 %, sans différence significative entre les groupes.
Cependant, les effets secondaires différaient nettement. Les femmes prenant du tamoxifène ont signalé des taux plus élevés de bouffées de chaleur, de sueurs nocturnes et de pertes vaginales, entraînant un taux d'abandon de 30 % dans ce groupe. En revanche, le groupe endoxifène n'a eu qu'un taux d'abandon de 10 %, avec des effets secondaires comparables à ceux du placebo. Les chercheurs ont noté que le profil d'effets secondaires plus favorable de l'endoxifène pourrait améliorer l'observance du traitement préventif.
Le Dr Hall a déclaré : 'C'est la première étude à montrer que l'endoxifène à faible dose est aussi efficace que le tamoxifène pour réduire la densité mammaire, mais avec significativement moins d'effets secondaires. Cela pourrait rendre la prévention du cancer du sein plus acceptable pour les femmes à haut risque.' L'étude a été financée par le Conseil suédois de la recherche et la Société suédoise du cancer.
Les experts préviennent que des études plus vastes et à plus long terme sont nécessaires pour confirmer si la réduction de la densité mammaire se traduit par une incidence plus faible du cancer du sein. L'endoxifène n'est pas encore approuvé par les agences réglementaires pour la prévention du cancer du sein, mais ces résultats soutiennent son potentiel en tant qu'alternative mieux tolérée.