L'Autorité des Communications du Kenya (CA) a mis en œuvre une réduction significative des taux d'achèvement d'appels mobiles (MTR), les frais que les opérateurs se facturent mutuellement pour les connexions inter-réseaux. Le nouveau tarif, en vigueur depuis le 1er avril 2026, est fixé à 0,12 shilling kényan par minute, une baisse de 40% par rapport au tarif précédent de 0,20 shilling. Cette décision réglementaire vise à réduire le coût de la communication pour les consommateurs, mais exerce une pression directe sur les revenus vocaux des grands opérateurs comme Safaricom, Airtel Kenya et Telkom Kenya.
Les analystes du secteur confirment que les appels vocaux, autrefois le principal moteur de revenus, représentent désormais une part décroissante face à la croissance des services de données et d'argent mobile. La décision de la CA accélère cette transition, obligeant les opérateurs à se diversifier. Safaricom, par exemple, dépend de plus en plus de son service financier M-Pesa et de ses forfaits données, tandis qu'Airtel met l'accent sur son offre croissante d'argent mobile et de haut débit.
Le régulateur a déclaré que cette baisse s'inscrivait dans son mandat de promotion de l'accessibilité et de la concurrence. Cependant, les dirigeants des télécoms avertissent que cette réduction drastique pourrait affecter les investissements dans les réseaux et leur durabilité, en particulier pour les acteurs plus petits. Cette mesure intervient dans un contexte plus large où les revenus vocaux traditionnels sont éclipsés par les services numériques à travers l'Afrique.