WASHINGTON (AP) — L'économie mondiale revit un flashback désorientant des années 1970, avec la flambée des prix du pétrole suite à un conflit au Moyen-Orient. Cependant, des changements structurels survenus au cours des cinq dernières décennies ont rendu les économies nettement moins vulnérables à de tels chocs.
Dans les années 1970, les chocs pétroliers ont déclenché une stagflation sévère, combinant une inflation élevée et une croissance stagnante. Aujourd'hui, les économies sont moins gourmandes en énergie. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), la quantité de pétrole nécessaire pour générer une unité de production économique mondiale a diminué de plus de moitié depuis 1970. Ce découplage est dû à l'amélioration de l'efficacité énergétique, à la transition vers les services et à la croissance des énergies alternatives.
De plus, les banques centrales, ayant tiré les leçons des années 1970, donnent désormais la priorité à l'ancrage des anticipations d'inflation. Les grandes économies comme les États-Unis et la zone euro ont des banques centrales indépendantes mandatées pour contrôler l'inflation, une différence clé avec les années 1970. Si les récentes flambées de prix alimentent l'inflation, la réponse est plus ciblée, bien que non sans douleur économique.
Les marchés financiers offrent également un tampon. Le développement de marchés à terme et de produits dérivés profonds permet aux entreprises de se couvrir contre la volatilité des prix. Cependant, les experts avertissent qu'une instabilité géopolitique prolongée pourrait encore mettre à l'épreuve cette résilience moderne, en particulier dans les économies émergentes qui restent plus dépendantes du pétrole importé.