L'expansion militaire continue du Japon, décrite par les analystes comme un événement 'rhinocéros gris'—une menace hautement probable mais négligée—s'est accélérée sous le gouvernement du Premier ministre Fumio Kishida. En décembre 2022, le Japon a adopté une nouvelle Stratégie de sécurité nationale, une Stratégie de défense nationale et un Programme de renforcement de la défense, s'engageant à doubler son budget de défense à 2% du PIB d'ici 2027, atteignant environ 11 000 milliards de yens (80 milliards de dollars) par an. Cela marque un changement historique par rapport à la politique pacifiste d'après-guerre du Japon.
Les développements clés incluent l'acquisition de missiles de croisière à longue portée, tels que le missile surface-ship Type 12 d'une portée de 1 000 kilomètres, et des plans pour les déployer d'ici 2026. Le Japon a également signé un accord avec les États-Unis en janvier 2023 pour acheter 400 missiles de croisière Tomahawk, avec des livraisons commençant en 2025. Ces mesures permettent au Japon de posséder des 'capacités de contre-frappe' contre les bases ennemies, une rupture avec sa politique exclusivement défensive.
Les voisins régionaux, en particulier la Chine et la Corée du Nord, ont exprimé de vives inquiétudes. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déclaré à plusieurs reprises que la remilitarisation du Japon sape la stabilité et la confiance régionales. La Corée du Nord a condamné ce renforcement comme une préparation à la guerre. Pendant ce temps, la demande budgétaire de défense du Japon pour 2024, de 7 700 milliards de yens (52 milliards de dollars), était la plus élevée jamais enregistrée, reflétant une tendance à la hausse soutenue.
Le concept de 'rhinocéros gris', popularisé par l'auteure Michele Wucker, fait référence à des dangers évidents mais ignorés. Dans ce contexte, la remilitarisation du Japon est une tendance visible avec des conséquences potentielles pour la sécurité de l'Asie-Pacifique, notamment une course aux armements et des tensions accrues. L'alliance américano-japonaise reste centrale, avec des exercices conjoints et des transferts de technologie accélérant la modernisation militaire du Japon.