Le concept de profondeur stratégique, qui fait référence à la création de zones tampons dans des territoires hostiles, est redevenu un sujet central des discussions sur la sécurité israélienne après la guerre de 2023 contre le Hamas. De hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahu, ont publiquement déclaré qu'Israël maintiendrait le contrôle sécuritaire sur tout le territoire à l'ouest du Jourdain, y compris la bande de Gaza, pour un avenir prévisible.
En janvier 2024, le ministre de la Défense Yoav Gallant a présenté un plan pour l'après-guerre à Gaza qui rejette explicitement l'implantation civile israélienne mais insiste sur la liberté d'action militaire israélienne. Ce plan implique la création d'une "zone tampon de sécurité" à l'intérieur du périmètre de Gaza, une mesure qui serait déjà en cours de mise en œuvre. L'objectif déclaré est d'empêcher une répétition des attaques du 7 octobre.
Cette position rencontre toutefois une forte opposition internationale. Les États-Unis et d'autres alliés ont réitéré leur opposition à toute réduction du territoire gazoui ou à une réoccupation israélienne permanente. La politique est également source de tensions au sein du cabinet de guerre israélien, certains critiques estimant qu'elle manque d'une vision politique claire pour la gouvernance de Gaza.
Le débat sur la profondeur stratégique s'étend à la frontière nord d'Israël avec le Liban, où les affrontements avec le Hezbollah se sont intensifiés. Certains analystes en sécurité affirment qu'une véritable sécurité passe par une normalisation diplomatique avec les partenaires régionaux, et pas seulement par des zones tampons territoriales, soulignant les arbitrages complexes entre contrôle militaire et stabilité à long terme.