Alors que la capacité d'énergie renouvelable augmente dans le monde entier, un défi caché émerge : l'infrastructure vieillissante du réseau peine à suivre le rythme. Selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), au moins 3 000 gigawatts de projets d'énergie renouvelable attendaient des approbations de connexion au réseau dans le monde entier au début de 2026, un goulot d'étranglement qui menace de ralentir la transition énergétique.
Aux États-Unis, l'arriéré de projets solaires, éoliens et de stockage par batterie en attente d'études d'interconnexion a atteint plus de 2 000 GW, selon les données du Lawrence Berkeley National Laboratory. Le temps d'attente moyen pour qu'un projet se connecte au réseau est passé à cinq ans, contre trois ans en 2020. Ce retard risque de bloquer des milliards de dollars d'investissements et de compromettre les objectifs de réduction des émissions.
L'Europe est confrontée à des défis similaires. Le Réseau européen des gestionnaires de réseau de transport d'électricité (ENTSO-E) a signalé en 2025 que l'expansion du réseau ne suit pas le rythme du déploiement rapide des énergies renouvelables. En Allemagne, par exemple, les parcs éoliens du nord ne peuvent souvent pas envoyer d'électricité vers les centres industriels du sud en raison d'une capacité de transport insuffisante, ce qui entraîne des réductions et des coûts plus élevés pour les consommateurs.
Les experts affirment que la solution nécessite des investissements massifs dans de nouvelles lignes de transport, une gestion plus intelligente du réseau et des processus d'autorisation plus rapides. L'AIE estime que les investissements mondiaux dans les réseaux doivent doubler pour atteindre plus de 600 milliards de dollars par an d'ici 2030 afin d'atteindre les objectifs climatiques. Sans ces améliorations, la révolution des énergies renouvelables pourrait stagner, laissant le monde en dehors de la trajectoire vers zéro émission nette d'ici 2050.