Le gouvernement ghanéen a exclu un retour sur les marchés internationaux des capitaux pour le reste de l'année 2026, marquant un changement significatif dans sa stratégie économique alors que le pays conclut officiellement son programme de sauvetage de trois ans avec le Fonds monétaire international (FMI).
Le ministre des Finances, Dr. Mohammed Amin Adam, a déclaré que le gouvernement n'émettra pas de nouveaux euro-obligations ni ne cherchera de prêts commerciaux à l'étranger cette année, se concentrant plutôt sur la mobilisation des recettes intérieures et le financement concessionnel des institutions multilatérales. Cette décision intervient alors que le Ghana termine le programme de la Facilité élargie de crédit (FEC) du FMI, qui a débuté en 2023 et a fourni un soutien de 3 milliards de dollars.
L'approche prudente du gouvernement reflète les défis persistants, notamment les niveaux d'endettement élevés et la nécessité de maintenir la discipline budgétaire. Le Ghana a fait défaut sur la plupart de sa dette extérieure en décembre 2022 et restructure ses obligations depuis lors. Le programme du FMI a contribué à stabiliser l'économie, l'inflation passant de plus de 50 % à la fin de 2022 à environ 20 % au début de 2026.
Les analystes notent que si l'économie ghanéenne montre des signes de reprise, avec une croissance du PIB projetée à 4,5 % pour 2026, le pays est encore confronté à des obstacles importants. Le gouvernement vise à réduire le déficit budgétaire à 3,5 % du PIB d'ici la fin de l'année, contre 5,8 % en 2025.
La décision de rester en dehors des marchés internationaux est considérée comme une mesure prudente pour éviter un surendettement et garantir que les gains du programme du FMI ne soient pas gaspillés. Le gouvernement prévoit de continuer à collaborer avec le FMI dans le cadre d'un arrangement de suivi post-programme.