L'ambitieux programme de finance verte du Ghana pourrait être compromis si le gouvernement ne parvient pas à endiguer l'exploitation minière illégale, connue localement sous le nom de galamsey, qui continue de détruire les forêts et de polluer les cours d'eau, selon un rapport de l'initiative Environmental Sustainability and Security (ESS).
Le rapport, rédigé par Ebenezer Chike Adjei Njoku, prévient que la dégradation environnementale due au galamsey—notamment la pollution au mercure des rivières et la déforestation dans les principales régions productrices de cacao—contredit directement les conditions nécessaires pour attirer les obligations vertes et les financements climatiques. Le Ghana vise à lever des milliards de dollars via des obligations vertes pour financer les énergies renouvelables et l'agriculture durable.
Les données de la Commission forestière du Ghana indiquent que le pays a perdu plus de 135 000 hectares de forêt entre 2015 et 2020, l'exploitation minière illégale étant un facteur majeur. Parallèlement, la Commission des ressources en eau a signalé des niveaux élevés de turbidité et de métaux lourds dans des rivières comme la Pra et l'Ankobra, affectant l'eau potable et la vie aquatique.
Les experts estiment que sans une action décisive pour faire respecter les lois minières et restaurer les terres dégradées, les investisseurs internationaux pourraient considérer le Ghana comme trop risqué pour la finance verte. Le gouvernement a mis en place une force spéciale pour lutter contre le galamsey, mais son application reste inégale.