Abderrazak El Albani, géologue et sédimentologue à l'université de Poitiers, a dirigé une équipe à l'origine d'une découverte majeure dans les archives fossiles. En 2010, ses recherches publiées dans la revue Nature ont révélé des fossiles parfaitement préservés au Gabon, datant de 2,1 milliards d'années. Ces fossiles ont fourni la preuve la plus ancienne connue de vie multicellulaire, reculant la chronologie des organismes complexes de plusieurs centaines de millions d'années.
La découverte, située dans le bassin francevillien, a remis en cause la compréhension scientifique antérieure selon laquelle la vie était restée principalement unicellulaire pendant la majeure partie de l'histoire primitive de la Terre. Les fossiles montrent des organismes pouvant atteindre plusieurs centimètres et présentant des modèles de croissance coordonnés, suggérant une forme d'organisation biologique jusqu'alors inconnue pour cette époque.
Les travaux d'El Albani continuent d'affiner notre compréhension de cette période cruciale. Des recherches ultérieures, dont un article de 2023 dans Science Advances, ont fourni une analyse plus poussée des fossiles du Gabon, confirmant leur origine biologique et détaillant leur préservation tridimensionnelle dans des minéraux argileux. Ces recherches soulignent un moment charnière de l'histoire de la vie où les conditions environnementales ont pu brièvement permettre une telle expérimentation évolutive.
Basé à l'Institut de Chimie des Milieux et Matériaux de Poitiers (IC2MP), la carrière d'El Albani est dédiée à l'exploration des interactions entre la vie et les environnements au cours des temps géologiques profonds. Ses découvertes continuent de façonner le domaine de la paléontologie et notre quête pour comprendre les origines de la vie complexe sur Terre.