Le 21 avril 1944, le Gouvernement provisoire de la République française, dirigé par le général Charles de Gaulle, signe une ordonnance accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité. Cette décision historique a été prise à Alger, où le gouvernement siégeait pendant la fin de la Seconde Guerre mondiale.
L'ordonnance stipulait que « les femmes sont électrices et éligibles dans les mêmes conditions que les hommes ». Cette mesure faisait suite à des décennies de militantisme de la part des suffragistes françaises. Les Françaises ont voté pour la première fois lors des élections municipales du 29 avril 1945, après la Libération.
Cette décision alignait la France sur d'autres démocraties occidentales ayant déjà accordé le suffrage aux femmes, bien qu'elle fût en retard par rapport à beaucoup d'entre elles, comme la Nouvelle-Zélande (1893), le Royaume-Uni (1918 pour les femmes de plus de 30 ans, 1928 pour toutes) et les États-Unis (1920). L'ordonnance de 1944 a été confirmée et intégrée dans la constitution de la Quatrième République en 1946.