Le secteur stratégique de l'offshoring au Maroc, véritable moteur économique, est confronté à une menace potentielle venant d'un projet de loi français. Le 'Buy European Act', porté par le ministre de l'Économie français Bruno Le Maire, vise à privilégier les entreprises européennes dans les marchés publics, ce qui pourrait impacter significativement les prestataires marocains, partenaires clés des entreprises françaises.
L'industrie marocaine de l'offshoring est un pilier de l'économie nationale. Selon la Fédération Marocaine des Technologies de l'Information, des Télécommunications et de l'Offshoring (APEBI), le secteur a généré un chiffre d'affaires de près de 14,5 milliards de dirhams en 2023. Il emploie plus de 130 000 personnes et compte plus de 1 300 entreprises, constituant une source cruciale d'investissements étrangers et d'emplois qualifiés.
Les acteurs du secteur ont exprimé une vive inquiétude. Fin 2025, l'APEBI a averti que le projet législatif français pourrait mettre en péril la croissance du secteur et la stabilité de milliers d'emplois. Cette restriction potentielle intervient alors que le Maroc s'est positionné comme un hub francophone leader pour l'externalisation des processus métier (BPO), les services informatiques et les centres de services partagés pour les entreprises européennes, notamment françaises.
Le gouvernement marocain et les associations professionnelles sont engagés dans un dialogue actif avec les autorités françaises et européennes pour mettre en lumière les bénéfices mutuels du partenariat et rechercher des exemptions ou des mesures d'atténuation. L'issue de ces discussions sera déterminante pour l'avenir d'un secteur qui contribue à hauteur d'environ 10% au PIB marocain dans le domaine des services.