Les perturbations maritimes en mer Rouge, liées aux attaques des Houthis contre des navires commerciaux depuis fin 2023, ont entraîné une hausse significative des prix des engrais, affectant des régions agricoles comme le Sahel en Afrique. Selon des rapports de la Banque mondiale et du Centre international de développement des engrais (IFDC), les prix des engrais ont augmenté d'environ 15 à 20 % au début de 2024 en raison de routes maritimes plus longues et de coûts d'assurance plus élevés.
Le Maroc, un important producteur mondial d'engrais à base de phosphate, a fait face à des défis logistiques alors que ses exportations vers l'Afrique subsaharienne et l'Europe sont redirigées autour du cap de Bonne-Espérance. Le gouvernement marocain a annoncé des ajustements stratégiques pour assurer l'approvisionnement national et maintenir les engagements d'exportation, bien que les détails spécifiques restent en cours d'examen en mai 2026.
Pour les pays sahéliens comme le Niger, le Mali et le Burkina Faso, qui dépendent fortement des engrais importés pour des cultures de base comme le millet et le sorgho, les hausses de prix menacent de réduire les rendements et d'exacerber l'insécurité alimentaire. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a averti que sans intervention, la région pourrait subir une baisse de 10 % de la production céréalière pour la saison 2024-2025.
Les efforts pour atténuer la crise incluent une coopération régionale accrue et des investissements dans la production locale d'engrais, mais les progrès sont lents en raison de l'instabilité politique et des infrastructures limitées. La situation souligne la vulnérabilité des systèmes alimentaires mondiaux aux chocs géopolitiques.