Les forces de l'ordre et les autorités d'immigration de plusieurs pays signalent une augmentation des systèmes sophistiqués impliquant des preuves fabriquées pour soutenir des demandes d'asile frauduleuses. Les enquêtes ont mis au jour des réseaux produisant de faux documents, des vidéos de manifestations politiques simulées et des sites web fictifs conçus pour imiter des sources d'information légitimes, le tout créé pour étayer de faux récits de persécution.
Au Royaume-Uni, la National Crime Agency (NCA) a mené des opérations ciblant des groupes criminels organisés impliqués dans cette activité. Un rapport de 2024 a mis en lumière des cas où des individus étaient formés à prétendre faussement une conversion au christianisme ou à l'athéisme, étayée par de fausses lettres de groupes religieux fictifs. De même, les autorités allemandes ont documenté des cas de rapports médicaux falsifiés alléguant des actes de torture.
Le phénomène ne se limite pas à l'Europe. Les agents des frontières canadiens ont identifié une tendance des demandeurs à utiliser de faux documents d'identité nationaux. La complexité de ces systèmes implique souvent de multiples acteurs, y compris des conseillers en immigration peu scrupuleux qui facturent des frais élevés pour fabriquer des dossiers de preuves.
Bien que l'ampleur soit difficile à quantifier précisément, des organismes internationaux comme l'Agence de l'Union européenne pour la coopération policière (Europol) notent que la fraude documentaire reste un défi majeur pour les systèmes d'immigration. Les gouvernements réagissent en déployant des technologies de vérification des documents renforcées et une coopération internationale plus étroite pour démanteler les réseaux criminels qui tirent profit de ces activités.