L'Union européenne met en œuvre une série de mesures pour renforcer la compétitivité industrielle et accélérer sa transition verte, ce qui aura des implications significatives pour des partenaires commerciaux clés comme le Maroc. Au cœur de ce changement se trouve le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), conçu pour prévenir les fuites de carbone en imposant un prix du carbone sur les importations de certains produits en provenance de pays aux politiques climatiques moins strictes.
Pour le Maroc, important exportateur vers l'UE de produits comme les engrais, l'aluminium et le fer, le MACF constitue un nouvel obstacle réglementaire. Les industries marocaines devront déclarer avec précision les émissions de carbone incorporées dans leurs exportations vers le marché européen sous peine de sanctions financières. Ce mécanisme vise à mettre sur un pied d'égalité les producteurs de l'UE déjà soumis au système d'échange de quotas d'émission.
Au-delà du MACF, la stratégie industrielle plus large de l'UE, souvent appelée « Plan industriel pour le pacte vert », se concentre sur le renforcement de la fabrication domestique des technologies propres. Cela inclut un assouplissement des règles sur les aides d'État et des objectifs ambitieux pour les capacités industrielles neutres en carbone. Si cela pourrait attirer certains investissements dans les régions voisines, cela accroît aussi la concurrence pour les propres ambitions industrielles vertes du Maroc.
Les analystes relèvent que les accords commerciaux existants du Maroc avec l'UE, comme le statut avancé, fournissent un cadre de dialogue. Cependant, les nouvelles règles nécessitent une adaptation rapide des exportateurs marocains pour maintenir leur position sur le marché. Cette situation souligne l'influence croissante des normes environnementales européennes sur les flux commerciaux mondiaux.