Un argument juridique récent du département américain de la Justice (DOJ) inquiète les historiens et les défenseurs de la transparence gouvernementale quant à l'intégrité de la loi sur les archives présidentielles (Presidential Records Act, PRA). Dans une déposition judiciaire d'avril 2026 liée à l'affaire des documents classifiés de l'ancien président Donald Trump, le DOJ a affirmé que la décision d'un président de traiter un document comme personnel pendant son mandat est définitive et non révisable par les Archives nationales ou les tribunaux.
La PRA, promulguée en 1978 après que le président Richard Nixon a tenté de détruire ses documents, a établi que les archives présidentielles sont une propriété publique et doivent être transférées aux Archives nationales à la fin d'un mandat. Cette loi visait à empêcher la destruction ou la rétention privée de documents historiquement importants. L'argument actuel du DOJ, s'il est accepté par les tribunaux, pourrait créer une faille importante, permettant aux présidents de désigner unilatéralement des documents officiels comme personnels.
Des experts juridiques et des archivistes avertissent que cette interprétation menace l'objectif fondamental de la loi. Ils soutiennent qu'elle pourrait permettre aux futurs présidents de soustraire une large gamme de documents à l'examen public, revenant effectivement à une époque où les présidents pouvaient librement disposer de leurs archives. Cet argument fait partie des procédures judiciaires en cours et n'a pas encore fait l'objet d'une décision de justice.