Des archéologues ont fait une découverte majeure dans la grotte de Qesem, dans le centre d'Israël, apportant un nouvel éclairage sur les capacités cognitives et culturelles des premiers humains. Les résultats, publiés dans la revue Nature Human Behaviour, détaillent des preuves de pratiques funéraires intentionnelles remontant à environ 120 000 ans. Cela situe cette activité au Paléolithique moyen, une période associée à la fois aux Néandertaliens et aux premiers Homo sapiens dans la région.
L'équipe de recherche, dirigée par des scientifiques de l'Université de Tel Aviv et du CNRS en France, a analysé des restes découverts dans un puits naturel profond de la grotte. La position des os et les sédiments qui les entourent indiquent une inhumation délibérée, et non une accumulation naturelle. Cette découverte remet en question les hypothèses précédentes sur la chronologie du développement d'un tel comportement symbolique complexe.
Bien que l'espèce de l'individu inhumé n'ait pas été déterminée de manière concluante en raison de la nature fragmentaire des restes, la datation le place à un moment charnière. La région du Levant était un carrefour connu pour différentes espèces humaines, notamment les Néandertaliens et les Homo sapiens. La découverte à la grotte de Qesem ne fournit pas de preuve directe que ces groupes « travaillaient ensemble », mais elle souligne les comportements sophistiqués présents dans la région bien avant les preuves précédemment acceptées de pratiques funéraires.
L'étude contribue à un corpus croissant de preuves indiquant que les hominines du Paléolithique moyen possédaient des capacités cognitives et sociales avancées. Elle suggère que l'inhumation délibérée, une pratique aux implications sociales et peut-être spirituelles profondes, pourrait être apparue plus tôt et avoir été plus répandue qu'on ne le pensait, remodelant notre compréhension de l'évolution culturelle humaine.