Dans une analyse récente, l'économiste Yoo Choon-sik a mis en garde contre le fait que l'intelligence artificielle n'est pas une panacée pour les problèmes économiques de la Corée du Sud. Bien que l'IA offre des avantages potentiels, les défis structurels tels que la faible croissance de la productivité, le vieillissement de la population et les marchés du travail rigides nécessitent des réponses politiques globales au-delà de l'adoption de la technologie.
La Corée du Sud fait face à une société vieillissante rapide, avec un taux de fécondité tombé à 0,72 en 2023, le plus bas du monde. Cette crise démographique pèse sur la main-d'œuvre et les systèmes de protection sociale. Yoo soutient que l'IA peut aider à atténuer les pénuries de main-d'œuvre mais ne peut remplacer des réformes fondamentales dans l'éducation, l'immigration et les filets de sécurité sociale.
La croissance de la productivité en Corée du Sud a considérablement ralenti, la productivité totale des facteurs n'augmentant que de 0,5 % par an entre 2015 et 2020, selon l'OCDE. Les investissements dans l'IA peuvent améliorer l'efficacité dans certains secteurs, mais sans s'attaquer aux goulots d'étranglement réglementaires et favoriser l'innovation dans toute l'économie, les gains seront limités.
Yoo souligne également le risque d'aggravation des inégalités, car l'adoption de l'IA tend à bénéficier aux travailleurs hautement qualifiés tout en déplaçant les emplois de routine. Il appelle à des programmes de reconversion ciblés et à des politiques sociales pour assurer une croissance inclusive. L'article conclut que l'IA doit être considérée comme un outil, et non comme un substitut aux réformes économiques structurelles.