La participation politique des femmes au Maroc continue de faire face à des défis importants, malgré les garanties constitutionnelles et les systèmes de quotas introduits au cours des deux dernières décennies. La Constitution marocaine de 2011 a consacré le principe de parité entre les sexes dans les organes élus, et un système de liste nationale a été utilisé pour augmenter le nombre de femmes au parlement. Cependant, les femmes occupent toujours une minorité de sièges à la Chambre des représentants et à la Chambre des conseillers.
Des militantes et des personnalités politiques, dont des femmes au sein des partis établis, ont régulièrement souligné l'écart entre les cadres juridiques et la réalité politique vécue. Les normes culturelles, l'accès limité au financement des partis et les réseaux dominés par les hommes au sein des organisations politiques sont fréquemment cités comme des obstacles structurels empêchant les femmes d'accéder à des postes de direction.
Le Maroc se classe parmi les pays à représentation parlementaire féminine modérée dans le monde arabe, mais les progrès ont été lents et inégaux. Les candidates se retrouvent souvent placées en bas des listes de partis, réduisant leurs chances d'élection même lorsque les règles de quotas s'appliquent. Les organisations de la société civile ont appelé à des lois de parité contraignantes plutôt qu'à des objectifs volontaires.
Le débat autour des femmes dans la politique marocaine s'inscrit également dans des discussions plus larges sur la réforme démocratique, la décentralisation et le rôle des organes élus locaux. Au niveau municipal et régional, la représentation des femmes a connu des gains progressifs à la suite des élections communales de 2021, mais les défenseurs soutiennent qu'une véritable égalité politique nécessite des changements institutionnels et culturels plus profonds.