Une nouvelle étude publiée dans la revue Science Advances a établi que les grandes éruptions volcaniques ont été un facteur majeur des variations des pluies de la mousson estivale asiatique au cours des 500 dernières années. En analysant les cernes des arbres et des simulations de modèles climatiques, les chercheurs ont découvert que ces éruptions ont systématiquement forcé le système de mousson dans un schéma tripartite distinct : assèchement en Asie centrale, humidification en Asie du nord et dans la mer de Chine méridionale, et nouvel assèchement en Asie du sud.
Ce schéma reflète l'oscillation climatique naturelle à long terme connue sous le nom d'Oscillation Décennale du Pacifique (PDO), mais est déclenché de manière abrupte par les événements volcaniques. L'étude relie ce schéma forcé à des événements climatiques historiques majeurs, notamment les sécheresses de la fin du 18e siècle en Inde et l'échec des crues du Nil en 1791–1792, qui ont suivi l'éruption du Laki en Islande en 1783.
La recherche, dirigée par des scientifiques de l'Université de Cambridge et d'autres institutions, a utilisé des données provenant de plus de 300 chronologies de cernes d'arbres à travers l'Asie. Elle démontre que les aérosols volcaniques injectés dans la stratosphère refroidissent la surface de la Terre, particulièrement au-dessus du continent asiatique, ce qui affaiblit la circulation de la mousson et réorganise les schémas atmosphériques de cette manière prévisible.
Cette découverte modifie la compréhension de siècles d'inondations et de sécheresses à travers le continent, montrant qu'elles n'étaient pas aléatoires mais faisaient partie d'une réponse climatique cohérente, forcée par le volcanisme. Les auteurs notent que la compréhension de ce mécanisme est cruciale pour améliorer les modèles climatiques et se préparer aux futurs impacts volcaniques sur les ressources en eau et l'agriculture dans les régions dépendantes de la mousson.