Le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf se sont rencontrés en face à face à Islamabad, au Pakistan, dans ce que les analystes décrivent comme le contact direct de plus haut niveau entre des responsables américains et iraniens depuis des décennies. Cette rencontre, qui s'inscrit dans le cadre d'efforts diplomatiques plus larges autour du programme nucléaire iranien, représente une étape significative, bien que prudente, dans les relations entre deux pays qui n'entretiennent plus de liens diplomatiques formels depuis 1980.
La réunion intervient alors que les États-Unis et l'Iran sont engagés dans des négociations nucléaires indirectes, les deux parties exprimant leur souhait de parvenir à un nouvel accord pour remplacer le Plan d'action global conjoint (JCPOA) de 2015, dont les États-Unis s'étaient retirés en 2018 sous la présidence de Donald Trump. Depuis lors, l'Iran a continué à développer son programme d'enrichissement d'uranium, suscitant des inquiétudes internationales croissantes.
Malgré le caractère historique de cette rencontre, une profonde méfiance demeure un obstacle central. L'Iran a longtemps exigé une levée des sanctions comme condition préalable à toute concession significative, tandis que Washington insiste pour que Téhéran démontre d'abord des limites vérifiables sur ses activités nucléaires. Les deux pays restent également en désaccord sur le soutien de l'Iran à des groupes mandataires régionaux et sur son programme de missiles balistiques.
Les analystes avertissent qu'une seule réunion de haut niveau, aussi symboliquement importante soit-elle, est peu susceptible de résoudre les désaccords fondamentaux qui définissent les relations américano-iraniennes depuis plus de quatre décennies. Néanmoins, un dialogue direct à ce niveau est considéré comme une condition nécessaire à toute percée diplomatique durable, et la rencontre d'Islamabad pourrait ouvrir la voie à des négociations plus substantielles dans les semaines à venir.