Le détroit d'Ormuz, un passage maritime étroit entre le golfe Persique et le golfe d'Oman, demeure l'un des points de passage maritimes les plus critiques pour la sécurité énergétique mondiale. Selon l'Agence d'Information sur l'Énergie des États-Unis (EIA), environ 21 % de la consommation mondiale de liquides pétroliers y est passée en 2023, avec un flux moyen de 20,5 millions de barils par jour. Son importance stratégique est accentuée par le fait qu'il constitue le seul accès maritime du golfe Persique vers l'océan, le rendant indispensable pour les grands exportateurs de pétrole comme l'Arabie saoudite, l'Irak, les Émirats arabes unis et l'Iran.
La sécurité dans le détroit est une préoccupation internationale persistante en raison des tensions géopolitiques régionales. La Cinquième Flotte de la marine américaine, basée à Bahreïn, ainsi que des forces navales alliées, patrouillent pour assurer la liberté de navigation. Les tensions ont périodiquement éclaté, impliquant notamment l'Iran, qui a menacé de fermer le détroit et a été accusé de saisir ou de harceler des navires commerciaux. Ces incidents soulignent la vulnérabilité des approvisionnements énergétiques mondiaux aux conflits régionaux.
Les efforts pour sécuriser le passage ou développer des routes alternatives rencontrent des obstacles majeurs. Bien que des pipelines contournant le détroit existent, comme l'oléoduc d'Abou Dhabi vers le golfe d'Oman, leur capacité reste limitée comparée au trafic des pétroliers. La complexité géopolitique de la région, incluant des différends de longue date et le dossier nucléaire iranien, rend difficile l'établissement d'un cadre de sécurité complet. Début 2026, le détroit reste un point focal de présence militaire et de manœuvres diplomatiques, sa sécurité influençant directement les prix du pétrole et la stabilité économique mondiale.