Dans la région largement aride du Puntland, dans le nord-est de la Somalie, où les trois dernières saisons des pluies ont échoué, il n'y a rien à voir que des points d'eau asséchés, des cultures détruites et des carcasses d'animaux. Alors que la sécheresse s'intensifie, les taux de malnutrition augmentent fortement, avec des rapports indiquant que plus de 1,5 million d'enfants de moins de cinq ans risquent une malnutrition aiguë d'ici la mi-2026, selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA).
La crise est aggravée par des réductions significatives de l'aide internationale. Début 2026, plusieurs grands donateurs ont réduit leur financement pour la Somalie en raison des pressions économiques mondiales et des crises humanitaires concurrentes. Le Plan de réponse humanitaire 2026 des Nations Unies pour la Somalie, qui nécessite 2,6 milliards de dollars, n'est financé qu'à 25 % en mai 2026, laissant les programmes critiques pour l'alimentation, l'eau et les services de santé sous-financés.
Le conflit en cours entre le gouvernement somalien et le groupe militant al-Shabaab a encore exacerbé la situation. Les affrontements dans le centre et le sud de la Somalie ont déplacé plus de 300 000 personnes depuis janvier 2026, selon l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR). Beaucoup de ces familles déplacées se sont installées dans des zones touchées par la sécheresse, mettant à rude épreuve des ressources déjà rares.
Les autorités locales du Puntland signalent que les prix de l'eau ont triplé dans certaines zones et que les taux de mortalité du bétail ont atteint 40 % dans les districts les plus touchés. Le Réseau de systèmes d'alerte précoce contre la famine (FEWS NET) prévient que sans aide immédiate et soutenue, certaines parties de la Somalie pourraient connaître des conditions de famine d'ici septembre 2026.