Le budget 2025 du Sénégal prévoit une augmentation significative des recettes non fiscales, estimées à 1 200 milliards de francs CFA, selon le ministère des Finances. Cela représente une hausse de 15 % par rapport à 2024, principalement grâce aux revenus attendus des champs pétroliers et gaziers de Grand Tortue Ahmeyim et Sangomar.
Cependant, des économistes avertissent que la dépendance à des recettes volatiles pour financer les dépenses courantes pourrait compromettre la stabilité budgétaire. Le Fonds monétaire international (FMI) a noté dans sa consultation au titre de l'article IV d'avril 2026 que le déficit budgétaire du Sénégal devrait s'élargir à 5,5 % du PIB en 2025, en partie à cause d'hypothèses de recettes optimistes.
Les recettes non fiscales, y compris les redevances et les dividendes des industries extractives, sont intrinsèquement imprévisibles en raison des fluctuations des prix mondiaux. Le FMI a recommandé au Sénégal de prioriser la mobilisation des recettes intérieures par des réformes fiscales pour réduire la dépendance à ces sources volatiles.
Les critiques soutiennent que le gouvernement hypothèque la richesse des générations futures en utilisant les recettes ponctuelles des ressources pour les dépenses courantes, plutôt que de les investir dans des projets de développement à long terme. Le budget n'alloue que 12 % des recettes non fiscales aux infrastructures et à l'éducation, le reste couvrant les coûts opérationnels.
En juin 2026, la dette publique du Sénégal s'élève à 73 % du PIB, contre 65 % en 2023, ce qui suscite des inquiétudes quant à la viabilité de la dette si les prix du pétrole baissent. Le gouvernement maintient que sa stratégie est prudente, mais les analystes appellent à une plus grande transparence dans la gestion des recettes.