Malgré l'adoption d'une réforme pénale majeure fin 2025, le chèque continue de s'imposer comme le pivot des transactions commerciales au Maroc. Un paradoxe, alors que les économies développées l'ont abandonné, qui traduit un besoin systémique de pallier le manque de confiance dans les échanges.
Selon les données du ministère de la Justice marocain, 58 000 détentions ont été enregistrées pour chèques impayés au cours des trois dernières années. La réforme, qui visait à dépénaliser l'émission de chèques et à introduire des moyens de paiement alternatifs, n'a pas encore réduit la dépendance au chèque.
Les experts pointent un manque d'inclusion financière et de confiance dans les paiements numériques comme facteurs clés. La réforme a introduit une transition progressive, mais les entreprises et les particuliers préfèrent toujours le chèque en raison de sa sécurité perçue et de son recours légal.
Les autorités se concentrent désormais sur des campagnes de sensibilisation et le renforcement de l'infrastructure bancaire pour encourager les paiements électroniques. L'objectif est de réduire l'utilisation du chèque de 30 % d'ici 2028, selon la banque centrale.