Le programme de subventions aux carburants au Sénégal est devenu un point de tension budgétaire, les analystes avertissant que des dépenses continues pourraient pousser le pays vers une dette insoutenable. Le gouvernement a maintenu les subventions pour protéger les consommateurs des hausses des prix mondiaux de l'énergie, mais le coût a explosé, pesant sur les finances publiques.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), la dette publique du Sénégal a atteint 73 % du PIB en 2023, et les subventions aux carburants représentaient près de 1,5 % du PIB en 2022. Le FMI a exhorté le gouvernement à supprimer progressivement les subventions et à cibler les dépenses sociales à la place.
Le président Bassirou Diomaye Faye, élu en mars 2024, s'est engagé à revoir la politique énergétique. Son administration doit trouver un équilibre délicat : réduire les subventions pourrait déclencher des troubles publics, mais les maintenir risque l'instabilité budgétaire et évince les investissements dans la santé et l'éducation.
Les experts économiques soutiennent que les subventions profitent de manière disproportionnée aux citoyens les plus riches qui possèdent des véhicules, tandis que les plus pauvres dépendent des transports publics. Un programme de transferts monétaires ciblés pourrait être plus efficace et moins coûteux, disent-ils.
En août 2026, aucune réforme majeure n'a été adoptée, et le gouvernement continue d'emprunter pour financer les subventions. La consultation au titre de l'article IV du FMI en 2025 a réitéré la nécessité d'un assainissement budgétaire, mais les pressions politiques restent fortes.