Les récentes tensions autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla ont ravivé un débat historique qui remet en cause le narratif officiel marocain. Les deux villes, situées sur la côte nord-africaine, sont sous souveraineté espagnole depuis des siècles : Ceuta est passée sous contrôle portugais en 1415 puis espagnol en 1668, tandis que Melilla a été prise par l'Espagne en 1497. Ces dates précèdent la consolidation de l'État marocain moderne, qui a émergé au XVIIe siècle sous la dynastie alaouite.
Le Maroc a longtemps revendiqué les deux villes comme siennes, invoquant la proximité géographique et les liens historiques. Cependant, les historiens soulignent que ces villes n'ont jamais fait partie de l'empire marocain avant la domination espagnole. Le traité de Wad Ras (1860) et les accords ultérieurs ont reconnu la souveraineté espagnole sur les enclaves, un statut maintenu malgré les demandes périodiques du Maroc pour leur restitution.
La récente crise, qui a vu une traversée massive de migrants à Ceuta en mai 2021, a mis en évidence l'utilisation stratégique de ces territoires par le Maroc comme outil de pression contre l'Espagne. Le gouvernement espagnol, soutenu par l'Union européenne, a insisté sur l'inviolabilité de ses frontières et le statut européen des enclaves.
En août 2026, la situation reste tendue, sans négociations formelles sur la souveraineté de Ceuta et Melilla. La position de l'Espagne est que les villes font partie intégrante de son territoire, une position soutenue par les traités de l'UE. Le Maroc, de son côté, continue de soulever la question dans les forums internationaux, mais sans voie claire vers une résolution.