Les républicains du Sénat ont bloqué mercredi une initiative menée par les démocrates visant à abroger l'Autorisation d'utilisation de la force militaire (AUMF) de 2002 contre l'Irak. Cette mesure a été utilisée par plusieurs administrations pour justifier des frappes militaires contre l'Iran et des forces soutenues par l'Iran. Le vote pour faire avancer le projet de loi d'abrogation a échoué par 50 voix contre 40, ne parvenant pas à atteindre les 60 voix nécessaires pour surmonter un filibuster.
L'AUMF de 2002, adoptée à la veille de la guerre en Irak, autorisait l'usage de la force contre le régime de Saddam Hussein. Cependant, des présidents récents, dont Donald Trump, s'en sont prévalus comme justification légale pour des actions comme la frappe de drone de 2020 qui a tué le général iranien Qasem Soleimani. Les partisans de l'abrogation soutiennent que cette autorisation est dépassée et accorde aux présidents des pouvoirs de guerre trop étendus sans l'approbation du Congrès.
Le chef de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, qui avait voté pour l'AUMF de 2002, soutient désormais son abrogation, la qualifiant de "chèque en blanc pour la guerre". La plupart des républicains se sont opposés à la mesure, arguant qu'une abrogation sans remplacement pourrait lier les mains d'un président en période de crise. La Maison Blanche a indiqué que le président Trump opposerait son veto au projet de loi s'il lui était présenté.
Ce vote infructueux souligne le débat permanent au Congrès sur les pouvoirs de guerre, une question qui a retrouvé de l'actualité avec les tensions avec l'Iran. Une initiative distincte visant à abroger l'AUMF plus large de 2001, adoptée après les attentats du 11 septembre, est également discutée mais se heurte à d'importants obstacles politiques.