Le gouvernement portugais presse l'Union européenne d'assouplir son système d'échange de quotas d'émission (SEQE) appliqué au transport maritime, estimant que les règles actuelles nuisent à la compétitivité de ses ports, notamment par rapport au port marocain de Tanger Med. Lisbonne affirme que les compagnies maritimes européennes détournent leurs routes pour éviter les coûts carbone, au bénéfice des ports hors UE.
Selon des rapports, le Portugal a officiellement demandé à la Commission européenne d'ajuster le SEQE en incluant une clause de « neutralité géographique », garantissant que les navires faisant escale dans les ports de l'UE ne soient pas pénalisés lorsqu'ils s'arrêtent dans des ports voisins hors UE comme Tanger Med. Le ministère portugais des Infrastructures et du Logement a déclaré que le système actuel crée une concurrence déloyale, car les navires peuvent éviter les frais carbone de l'UE en transbordant des marchandises via les ports marocains.
Le SEQE de l'UE pour le transport maritime, entré en vigueur en 2024, oblige les compagnies maritimes à restituer des quotas pour 40 % de leurs émissions sur les voyages entre les ports de l'UE et les ports hors UE. Cela a conduit certains opérateurs à déplacer leurs activités de transbordement vers des ports hors UE, comme Tanger Med, qui a connu une croissance significative. Les responsables portugais affirment que cela nuit non seulement aux ports de l'UE, mais aussi aux objectifs environnementaux de la politique.
La Commission européenne a reconnu les préoccupations et examine la mise en œuvre du SEQE. Une décision sur une éventuelle modification des règles est attendue plus tard cette année. Entre-temps, le gouvernement portugais cherche à obtenir le soutien d'autres États membres de l'UE pour faire pression sur la Commission en vue d'une résolution rapide.